Corn Islands, le paradis qui se mérite

Malgré une arrivée compliquée, nous avons adoré séjourner sur les Îles du Maïs, et particulièrement sur Little Corn, dans une cabane sur la plage. Il faut prévoir de s’y poser un peu car le trajet depuis León dure près de 24h. Mais on peut dire que le paradis, ça se mérite, non ? Je t’explique un peu plus bas, après le détail de notre parcours, ce qu’on aurait fait différemment. 

Première étape : Managua

De la gare routière de León, nous avons rejoint Managua, l’actuelle capitale. Des minibus font normalement le trajet pour 72 córdobas par personne (environ 1€80). Au dernier moment avant de démarrer, le chauffeur a changé le prix à 100 córdobas par personne, sous prétexte qu’il ne pourra pas remplir son bus à cause des nombreux sacs de voyageurs qui prennent trop de place. Effectivement, il n’y a pas de soute ni de porte-bagage au-dessus des sièges dans ces minibus. Il aurait fallu équilibrer en répartissant les voyageurs chargés dans les bus suivants, étant donné que les départs sont successifs. Un peu vexés de cette pratique, nous sommes descendus pour prendre le suivant mais les agents de quai, eux-mêmes vexés que nous ayons refusé le prix, ont dit au chauffeur de nous facturer 100 córdobas à cause de nos sacs. Ce n’est pas une question d’argent puisque la différence était d’environ 70 centimes d’euros chacun (bien qu’un sou soit un sou, surtout en long voyage) mais nous avons eu la sensation désagréable d’être des porte-monnaies sur pattes en tant que touristes. Nous avons finalement pris un chicken bus un peu plus loin pour 45 córdobas chacun (1€10). Le trajet aura peut-être duré une heure de plus mais nous n’étions pas pressés.

Deuxième étape : Bluefields

En arrivant, nous avons pris un taxi jusqu’à la gare routière Mayoreo pour prendre le bus de nuit direction Bluefields sur la côte ouest. C’est de là que part le ferry deux fois par semaine (samedi et mercredi) pour rejoindre les Iles du Maïs dans les Caraïbes. Arrivés vers 18h30, nous avons attendu trois heures jusqu’au départ de 21h30. J’ai bouquiné et nous nous sommes fait livrer Mcdo pour patienter. Il y a aussi un départ à 23h mais on ne voulait pas passer toute la soirée dans la gare, qui est en extérieur. On ne s’attendait pas à un chicken bus pour un trajet de huit heures. Rien à voir avec les bus confortables et climatisés du Mexique, nous n’étions pas du tout à l’aise… Seul point commun : le froid, mais pas à cause de la clim. La fenêtre juste au-dessus de nous ne fermait pas… C’était la pire nuit depuis San Cristóbal au Mexique.

Nous sommes arrivés à la gare routière de Bluefields alors qu’il faisait encore nuit vers 5h du matin. Nous avons pris un taxi pour rejoindre le centre pour 40 córdobas chacun. En nous déposant, le chauffeur nous explique qu’il vaut mieux que le propriétaire de l’auberge vienne nous chercher sur la rue principale car il est dangereux de s’aventurer seuls dans la ruelle menant jusqu’à la porte, on pourrait se faire voler. Ayant réservé à partir de la nuit suivante, on ne se voyait pas appeler ou débarquer si tôt. On se sentait épié par les passants un peu éméchés sortant de soirée. Pas rassurés, nous sommes allés un peu plus loin à la recherche d’un endroit plus safe pour nous installer. Nous avons élu domicile dans le parc d’une église et nous avons terminé notre nuit ici jusqu’à 9h.

Nous sommes ensuite arrivés à l’auberge Typical House Bluefields. L’accueil n’était pas terrible et la cuisine était dans un sale état, à éviter… Nous nous sommes baladés dans la ville dans la journée et avons mangé au restaurant. Mais nous ne nous sommes pas du tout senti à l’aise dans cette ville. Gros contraste avec León, les locaux ne sont pas accueillants, ils ne disent pas bonjour ou ne répondent pas quand on le leur dit. Après quelques courses, nous sommes rentrés à l’auberge où nous avons passé le reste de la journée. Heureusement, nous ne sommes restés qu’une nuit et avons pris le bateau tôt le lendemain matin pour rejoindre l’île Big Corn, à une cinquantaine de kilomètres de la côte (7h de traversée). 

Notre séjour sur les îles du Maïs

Big Corn

Sur Big Corn, nous avions réservé deux nuits dans une chambre privée à l’auberge The Wave Hostel, contacté quelques jours plus tôt via Whatsapp. Une autre française arrivée en même temps que nous avait également réservé par Whatsapp. Mais le gérant, qui était peu aimable et mal organisé nous annonce à l’arrivée qu’il n’y aura peut-être pas de place pour nous si d’autres personnes arrivent. En effet, il préfère privilégier les réservations Booking. Alors qu’il avait bien validé nos réservations par message Whatsapp… Nous avons attendu près d’une heure à la réception avant de savoir si nous pourrions avoir une chambre. Le gérant a proposé nous placer dans un autre hôtel à proximité pour la première nuit et de revenir le lendemain. Il nous a présenté cela comme un geste commercial car la nuit là-bas est 5$ plus chère mais il prenait en charge la différence. Pour nous, c’était un peu limite de payer le même prix pour avoir à changer d’endroit et transporter nos gros sacs. Nous avons insisté pour qu’il trouve une meilleure solution et avons accepté de dormir à deux dans un lit simple de dortoir, le seul lit libre restant, car nous le faisons très souvent (même quand nous payons deux lits). Le lendemain, nous avons récupéré une chambre double privée, comme prévu initialement. Les équipements sont très bien et la vue est jolie mais je déconseille cette auberge car nous avons été très mal accueillis et elle est située assez loin des plages. Pendant notre séjour, nous avons également entendu des personnes déconseiller les cours de plongée du gérant pour son manque de professionnalisme…

Une fois installés, nous nous sommes baladés aux alentours et nous avons pu comprendre pourquoi l’île s’appelait Big Corn. Rien à voir avec Caye Caulker, c’est une très grande île où les voitures circulent et il n’est pas aisé d’en faire le tour à pied. Nous avons mangé dans un restaurant en bord de plage et nous sommes rentrés tôt pour nous remettre du long périple menant jusqu’ici.

Le lendemain, nous avons fait le tour de l’île à vélo. Nous les avons loués à l’auberge pour 2$ de l’heure. Je conseille vraiment cette balade d’environ une heure et demie car même si nous avons dû faire une partie à pied (on ne s’attendait pas à une côte aussi rude), la vue d’en haut est une belle récompense. Nous sommes rentrés pile à la bonne heure pour admirer le coucher de soleil du côté de notre auberge. Le soir, une coupure d’électricité sur toute l’île nous a plongé dans le noir. Heureusement, la cuisine fonctionnait au gaz (même si nous n’avions pas prévu de la grande gastronomie). Nous avons pu faire chauffer de l’eau pour un dîner aux chandelles 2.0 : soupe de noodles éclairés à la lampe frontale. Heureusement que nous étions un minimum équipés. Depuis le début du voyage, nous avons utilisé la lampe frontale plusieurs fois. Une pour deux, ce n’est pas l’idéal. C’est mon copain qui avait prévu le coup mais si j’avais su, je l’aurai aussi ajoutée à ma liste d’accessoires techniques.

Little Corn

Le lundi matin, nous avons pris le bateau pour rejoindre la petite sœur, Little Corn. On avait vu sur internet qu’il y avait deux bateaux par jour pour y aller : un à 10h et un à 16h. Nous avons opté pour celui de 10h. En réalité, le bateau du matin est opéré par une compagnie privée. Il coûte 20$ par personne (contre 5$ par personne pour celui de l’après-midi) car il fait l’aller-retour dans la journée et permet aux touristes de Big Corn de visiter Little Corn… Nous ne voulions pas payer aussi cher donc nous étions prêts à attendre le départ de l’après-midi mais nous avons réussi une négociation discrète de dernière minute avec le capitaine à 14$ pour deux (500 córdobas).

Après une demie-heure de bateau et une dizaine de minutes de marche avec nos sacs, nous avons découvert notre chambre pour les trois prochaines nuits. Un petit cabanon sur la plage, à deux pas de la mer turquoise !! Magnifique, un vrai petit coin de paradis.

Il semblerait que les commentaires ne soient pas très bons sur internet, mais nous avons vraiment aimé notre séjour à Elsa’s Place (réservations par téléphone uniquement). Merci Laëtitia si tu passes par là pour la recommandation ! Il y a une cuisine rustique mais fonctionnelle, bien que nous ayons privilégié les repas à l’extérieur car il y a de nombreux restaurants avec vue, bonne ambiance et plats typiques. Il y a d’autres cabanons et d’autres auberges (Grace’s Place, Carlito’s Place) tout le long de la plage mais l’ambiance reste assez intimiste. Après une rapide baignade, nous avons mangé au restaurant et nous sommes baladés pour faire le tour de l’île à pied, entre verdure et plages paradisiaques.

Le deuxième jour, nous sommes restés à lézarder sur notre petit coin de plage. J’ai pris du temps pour avancer sur mes articles, on s’est baigné, mon copain s’est entraîné à ouvrir des cocos, on avait l’impression de vivre une parenthèse hors du temps. Une vraie pause qui a fait du bien.

Pour notre dernier jour, nous avions rendez-vous à 9h au ponton pour une journée pêche et snorkeling avec David. C’est l’attraction principale de l’île avec la plongée. Nous sommes d’abord partis pour une initiation à la pêche à la ligne à la main (sans canne) mais malheureusement, je suis restée clouée sur mon siège à cause du mal de mer. C’est la première fois que j’étais malade en mer et je n’étais pas la seule. Petit bateau et houle ont fait chaviré quelques estomacs. Au moment où j’ai voulu m’essayer à la pêche, j’ai dû rapidement lâcher ma ligne pour vomir par dessus bord…

Une fois que nous avions assez de prises pour le déjeuner, nous sommes rentrés sur Otto Beach, une plage paradisiaque. Les différents capitaines et équipages de bateau ont préparé le repas en faisant frire les poissons. C’était l’un des meilleurs repas que j’ai mangé depuis le début du voyage ! Nous avons aussi découvert le fruit de l’arbre à pain (et non pas du jacquier comme je le pensais — merci à la lectrice qui m’a corrigée), dont le goût et la texture ressemblent un peu à la pomme de terre. C’était très bon !

Après avoir bien mangé, nous avons repris le bateau pour une petite session snorkeling. Les coraux étaient impressionnants ! Nous avons croisé des requins tapis au fond de l’eau, plein de petits poissons colorés, un barracuda et deux raies noires à points blancs (eagle ray en anglais, qu’on pourrait traduire par raie léopard il me semble). Elles étaient majestueuses. Je n’ai pas pu prendre de photo mais l’image est gravée dans ma mémoire.

Nous sommes rentrés avec le coucher du soleil et nous avons siroté un cocktail face à la mer pour profiter de notre dernière soirée ici. Nous avons ensuite goûté le plat typique local, le rondon, une soupe avec du poisson, homard, crevettes, bananes plantains, courges et carottes, servie avec du riz à côté. La préparation prend un peu de temps, il ne faut pas arriver trop tard ou alors le commander à l’avance. Situé non loin de Elsa’s Place, le comedor El Bosque en propose pour un très bon rapport qualité/prix. Nous l’avions repéré depuis notre arrivée et l’un de nos capitaines de l’après-midi nous a conseillé d’y faire une halte.

Cette journée était incroyable, l’une des meilleures du voyage. David nous a été recommandé pour sa bonne humeur et son prix attractif, par Lucas, un voyageur français rencontré sur Big Corn. Et c’est à mon tour de le recommander. Il propose la journée pêche et snorkeling à 20$ (15$ à partir de dix personnes). Nous sommes tombés sur une journée très chargée puisque nous sommes partis à trente apprentis pêcheurs avec deux bateaux. Il y a eu quelques couacs dans l’organisation des roulements pour les groupes mais rien de critique. Si vous avez du temps sur l’île et que vous voyez que le groupe de la journée est déjà conséquent, vous pouvez reporter au lendemain. Il y a des départs tous les jours.

De nombreux prix sur les îles sont affichés en dollars américains (logements, restaurants, activités). Ça nous a surpris car nous n’avions pas vu ça depuis notre arrivée au Nicaragua. Nous avons ressenti et observé une différence de culture entre León et la côte est. Les deux régions longeant la mer des Caraïbes sont des régions autonomes. Les habitants de l’île sont majoritairement des descendants d’esclaves africains issus du commerce triangulaire, comme dans de nombreuses îles des Caraïbes. Ils parlent principalement anglais et créole, ce qui nous a rappelé le Bélize.

Nous sommes repartis de Little Corn le jeudi matin, jour de ferry de retour sur le continent. Malgré un réveil 5h pour avoir une chance d’avoir une place parmi les quarante disponibles dans le seul bateau qui fait la liaison vers Big Corn à 6h30, toutes les places étaient déjà vendues quand nous sommes arrivés au ponton une demie-heure plus tôt… Nous avons eu une petite frayeur mais nous étions nombreux dans la même situation. La compagnie a finalement décidé de faire un deuxième trajet pour rapatrier tout le monde sur la grande île et permettre à ceux qui le souhaitaient de prendre le ferry vers le continent. Il n’y a que deux ferries par semaine entre les îles et le continent : mercredi et samedi vers les îles, jeudi et dimanche dans le sens inverse, toujours à 9h. Nous sommes arrivés sur Big Corn en petit bateau juste à temps pour embarquer sur le ferry.

Après six heures de traversée, nous sommes arrivés en milieu d’après-midi à Bluefields. Deux options s’offraient à nous : y passer la journée et prendre un bus de nuit (comme à l’aller) ou prendre un bus directement, ce qui nous ferait arriver tard à Managua. Nous n’avons tellement pas aimé Bluefields lors de notre premier passage que nous avons voulu partir directement. Nous avons donc enchaîné six heures de bateau avec quasiment huit heures de bus. Nous sommes arrivés à Managua vers minuit, fatigués mais content de passer la nuit dans un vrai lit !

Mes conseils

  • Ne pas prévoir une nuit sur Bluefields et prendre le bus de nuit la veille du ferry car la ville est peu accueillante et n’a pas grand intérêt.
  • A l’arrivée sur Big Corn, prendre directement le bateau (de 16h) pour rejoindre Little Corn.
  • Les horaires de bus et des différents bateaux sont adaptés pour que les correspondances soient possibles et fluides (pas de stress). Le bus de nuit est prévu pour arriver avant le départ du ferry. Le second bateau pour aller sur Little Corn part après l’arrivée du ferry sur Big Corn. 
  • Pour un séjour sur Big Corn, débourser un peu plus et choisir un hôtel ou une auberge près de la plage car l’île est très grande.
  • Pour info, il est également possible de rejoindre Big Corn en avion. Les voyageurs rencontrés ayant choisi cette option déboursaient en moyenne 150€ pour l’aller-retour (contre 32€ en bus et ferry).

Tu connaissais ces îles du Nicaragua ? J’ai réussi à te convaincre que ça ressemble à un petit paradis ?

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