Dans les terres du Bélize

Après cette semaine de rêve à Caye Caulker, nous avons repris le bateau direction le continent. Depuis Bélize City, nous avons rejoint Hopkins sur la côte en chicken bus. Ces anciens school bus américains remasterisés sont les bus les plus communs en Amérique Centrale. C’est le moyen de transport le plus plébiscité par la population locale et c’est aussi le plus économique. Ça change des bus climatisés ADO au Mexique ! Ambiance reggae à fond — pour le plus grand bonheur d’un rastafari qui chantait à tue-tête — et paysages verdoyants qui défilent par la fenêtre. 

Hopkins, berceau de la culture garifuna

Hopkins est un petit village tranquille sur la côte caribéenne. Il est le cœur de la culture garifuna,  peuple noir des Caraïbes. Cette ethnie est issue d’un métissage entre des esclaves africains et des autochtones (Caraïbes et Arawaks), mêlant certaines traditions africaines avec la culture caraïbe. Leur nom signifie « mangeur de manioc » en arawak. C’était une bonne transition entre les plages paradisiaques de Caye Caulker et le retour dans les terres, puisqu’après cette étape nous ne verrions plus de plage pendant au moins trois semaines.

Si les palmiers faisaient toujours partie du décor, finie l’eau transparente. Les plages n’étaient pas des plus propres et il n’y avait pas grand chose à faire dans le village. Nous aurions bien aimé assister à une soirée percussions mais nous sommes passés en pleine semaine, il aurait fallu attendre le vendredi soir. Nous ne sommes restés que deux nuits et c’était suffisant, à alterner les moments détente entre la plage et les hamacs de l’auberge. J’ai dévoré un nouveau roman. Avant de partir, nous avons organisé une petite soirée crêpes à laquelle nous avons convié des voyageurs allemands rencontrés à Caye Caulker et retrouvés ici par hasard.

San Ignacio et Chiquibul National Park

Le lendemain matin, nous avions rendez-vous à 7h à l’arrêt de bus pour rejoindre notre prochaine et dernière étape bélizéenne. Nous avons croisé les élèves en uniforme monter dans le fameux school bus jaune. Pour le petit-déjeuner, nous avons mangé nos crêpes faites la veille, emportées dans nos contenant hermétiques pliables. C’est l’un des meilleurs investissements que nous ayons fait en termes d’accessoires techniques pour le voyage. On s’en sert vraiment souvent pour transporter de la nourriture. Ça nous évite d’acheter et consommer en extérieur.

Trois bus et trois heures plus tard, nous sommes arrivés à San Ignacio, près de la frontière avec le Guatemala. Cette région est très verte, propice à l’agriculture et la culture des fruits. La jungle est très présente et c’est aussi assez vallonné. Je ne m’attendais pas forcément à ce type de paysages. Nous avons fait un petit tour de la ville et de son marché. Nous nous sommes renseignés sur les activités à faire dans le coin et nous sommes restés tranquilles à l’auberge. J’ai terminé mon roman commencé deux jours plus tôt. Je n’avais jamais lu aussi vite ! C’est génial de pouvoir mettre sa vie sur pause, loin du quotidien et des contraintes métro-boulot-dodo.

Encore une fois, les activités étaient très chères (environ 100$ US par personne). Et malheureusement, rien n’est accessible à pied dans le coin. Louer une voiture est à la fois coûteux (surtout à deux) et risqué au vu de l’état des routes menant aux sites touristiques reculés. Il aurait fallu être cinq pour équilibrer les dépenses. Nous avions prévu de rester trois jours sur place pour découvrir la région, pas pour rester à l’auberge… Nous avons finalement fait appel à Gabriel, guide et chauffeur de taxi. C’est une voyageuse rencontrée lors de nos précédentes étapes et faisant le trajet en sens inverse qui nous avait conseillé ses services. Nous en avons eu pour 175$ US chacun pour deux jours complets d’excursion, avec déjeuner inclus. On a conscience que c’est cher et ça dépassait le budget qu’on s’était fixé mais on a un peu suivi la devise YOLO (you only live once / « on n’a qu’une vie) ». La région est connue pour ses ruines mayas et ses grottes. La plus célèbre d’entre elles, Actun Tunichil Muknal (ou ATM en version courte), attire les touristes qui n’ont pas froid aux yeux puisque des ossements humains, preuve de sacrifices des mayas au nom des dieux, y sont conservés. Nous n’y sommes pas allés car il fallait débourser 100$ US chacun pour la visite d’une demie journée.

Le premier jour, Gabriel nous a emmené au petit matin découvrir le cave tubing. On ne savait pas trop à quoi s’attendre. En fait, en anglais, « cave » signifie « grotte » et « tube » est une bouée. Nous voilà donc partis visiter des grottes immergées assis chacun sur une bouée dans l’obscurité, équipés d’un gilet de sauvetage, un casque et une lampe frontale. C’était assez impressionnant !

On a vu de nombreuses formations de calcaires, parfois très scintillantes, des énormes stalactites et stalagmites et des chauves-souris. Après le parcours dans les grottes, nous sommes descendus tranquillement par la rivière, dans un cadre magnifique. Enfin, le guide nous avait prévu pour le déjeuner un plat typique et fait maison, cuisiné le matin-même avec sa femme : riz, haricots rouges, poulet et salade coleslaw. 

Le lendemain matin, nous avions rendez-vous à 7h pour une longue journée de quatre étapes. Premier arrêt : la grotte Río Frío à une demie-heure de la ville. Pas de bouée cette fois-ci mais nous avons retrouvé les énormes stalactites de la veille. Un site impressionnant caché derrière les hauts arbres.

Nous avons ensuite repris la route dans les chemins de terre cabossés du parc national Chiquibul pendant deux heures pour atteindre Caracol, le plus important site maya du Bélize. L’état de la route a eu raison de Zina, la vieille et courageuse Toyota qui nous accompagnait car nous sommes arrivés avec un pneu crevé. Heureusement, Gabriel en connaissait les risques et avait une bonne roue de secours dans son coffre.

A l’entrée du site, avons été accueillis par les cris des singes hurleurs et nous avons découvert un campement de petites maisons en bois avec un toit en feuilles de palmiers. Gabriel nous a expliqué que certaines personnes étaient venues s’installer ici en 2012 pour vivre la fin du monde annoncée au pied des ruines. En réalité, il s’agissait d’une mauvaise interprétation du calendrier maya qui fonctionne par cycle de 52 ans. L’année 2012 était donc la fin d’un cycle et non la fin du calendrier.

C’est la première fois que nous visitions un site maya avec un guide. Au Mexique, nous trouvions les informations dans notre guide papier mais là c’était vraiment intéressant de pouvoir poser nos questions et d’avoir le point de vue d’un local. C’est également l’un des seuls sites mayas sur lequel nous avons pu monter et admirer la vue de haut. Et ça se mérite, car les marches sont nombreuses et très hautes. Je demandais justement à Gabriel pourquoi les marches étaient si hautes alors que la population maya était très petite (ils mesuraient entre 1m40 et 1m50). En fait, seuls les chefs vivaient en haut et lorsque le peuple venait s’adresser à lui, la hauteur des marches les obligeait à se courber et à adopter une posture de respect en montant.

En plus des temples, le site était composé de terrains de jeu de balle, très apprécié chez les mayas, avec les gradins de chaque côté et une pierre gravée à l’effigie de l’équipe gagnante au centre. Comme pour de nombreux sites mayas, une partie est encore enfouie sous la forêt. J’ai beaucoup aimé cette visite à l’entrée de la jungle, ça m’a rappelé Palenque, le site maya que j’avais préféré au Mexique. 

Une fois le pneu changé, nous avons repris la route pour une après-midi détente au bord de l’eau. Nous avons pique-niqué en face des piscines naturelles Río on Pools, une superbe vue de haut avant d’aller nous y baigner.

Enfin, nous avons terminé notre parcours au pied des cascades Big Rock avant de reprendre la route vers 16h et de rejoindre notre auberge une heure et demi plus tard. C’était une super journée, le cadre était magnifique. Nous avons fini en beauté notre visite du Bélize. 

Ce que j’ai beaucoup aimé avec Gabriel, c’est que pendant les heures de route, il nous parlait de son pays à cœur ouvert. Aujourd’hui, j’avais envie de repartager ses petites anecdotes et ce qu’on a appris sur l’histoire de ce petit pays, peu connu mais très riche culturellement.

Un peu plus sur le Bélize

Le Bélize était anciennement connu sous le nom de British Honduras, jusqu’à son indépendance avec le Royaume-Uni en 1981. Le pays fait aujourd’hui partie du Commonwealth. Sa capitale, initialement Bélize City, est aujourd’hui Belmopan dans les terres. C’est la plus petite capitale d’Amérique Centrale. Elle a obtenu sa fonction en 1961 après le passage d’un ouragan ayant partiellement détruit sa prédécesseure. 

Le drapeau bélizéen est le seul drapeau d’état indépendant au monde représentant clairement des humains. Ces deux hommes d’ethnie différente renvoient aux diverses richesses du pays : la richesse culturelle et la richesse des ressources. Le Bélize était un grand exportateur de bois (notamment l’acajou) et de chewing-gum vers l’Europe. Chaque année, début mars a lieu une course en canoë sur quatre jours, en hommage aux ancêtres qui exportaient sans moyen de transport par la route. Comme leurs ancêtres, les participants traversent le pays par la rivière d’ouest en est, de San Ignacio jusqu’à la mer des Caraïbes.

La population du Bélize est très diversifiée puisqu’elle compte des descendants d’esclaves africains, de mayas, d’espagnols et de britanniques. Il y a aussi une grande communauté de chinois, qui tiennent la plupart des magasins du pays, et de Amish, grands producteurs de fruits et légumes et fabricants de meubles. La langue officiel est l’anglais mais une moitié de la population parle aussi kriol (un créole à partir de l’anglais) et une autre parle espagnol. En minorité, on y parle aussi certaines langues mayas et le garifuna. L’emblème national du pays est le toucan mais malheureusement, nous n’en avons pas vu… 

La religion chrétienne est aussi très présente dans le pays (catholiques et protestants). Toutes les écoles, construites de la même manière, sont religieuses et portent le nom d’un saint. On les reconnaît le long des routes par leurs bâtiments rectangles disposés en U autour d’un terrain d’herbe et leurs élèves en uniforme.


C’est l’heure de clôturer cette étape du voyage. J’espère que ça t’a plu et que tu as appris quelque chose. Un grand merci à tous ceux qui suivent assidûment nos aventures, ici ou sur Instagram. Je te retrouve très bientôt dans de nouveaux articles direction le Guatemala ! 

Une réflexion sur « Dans les terres du Bélize »

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